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Portrait du jour : Benjamin Abitan


Jeudi 5 Août 2021


Le DINARD PODCAST FESTIVAL nous dévoile le portrait d’un invité ou un participant, acteur.ice du podcast créatif. Aujourd’hui : Benjamin Abitan.




DÉPLOYER L’IMAGINAIRE

© Phonurgia Nova dans le cadre du 1er Dinard Podcast Festival, juillet 2021
© Phonurgia Nova dans le cadre du 1er Dinard Podcast Festival, juillet 2021
Comédien, metteur en scène, réalisateur de nombreuses fictions sonores, Benjamin ABITAN dirige le workshop « L’art des comédien·ne·s au micro » dans le cadre exceptionnel du château Hébert (FONDATION SOLACROUP), à Dinard, en cette première semaine du mois d’août. Son objectif ? Travailler toutes les potentialités du jeu au micro. Les séances quotidiennes sont filmées et seront restituées en un film sur la transmission des arts du son.

Quelle façon de travailler proposez-vous aux jeunes auteurs ? Quelles sont les grandes étapes des cinq jours de stage ?

Ce n’est pas vraiment un stage pour les auteurs, plutôt pour les comédiens (et plutôt, en l’occurrence, les comédiennes), même s’il est question de trouver comment l’interprète peut devenir auteur à sa manière. Notre point de départ, ce sont les textes maritime de Virginia Woolf, Les Vagues et La Promenade au Phare, mais les stagiaires sont invitées à venir avec d’autres propositions. Les textes sont travaillés au micro dans divers dispositifs de prise de son, divers décors, en intérieur ou en extérieur, en mono ou en stéréo, en solo ou à plusieurs… Je travaille avec un technicien du son, Raphaël Mouterde, qui assure la qualité de la prise de son. Le soir nous faisons un montage rapide des séquences tournées pendant la journée afin de les réécouter le lendemain matin, en parler, comprendre ce qui fonctionne mieux ou moins bien. L’objectif du stage est d’identifier ses automatismes pour pouvoir les « débrayer » et faire sauter ou contourner certains blocages, en prenant le temps qu’on n’a pas forcément pendant une production pour en parler, essayer des choses… La question centrale est celle de l’adresse : comment parle-t-on à quelqu’un qui n’est pas là, et comment collabore-t-on avec cette personne pour fabriquer des images dans sa tête ?

La fiction sonore est-elle théâtrale ? Pour vous, quelle est la spécificité de l’audio ?

Je ne crois pas que la fiction sonore soit théâtrale ; ce sont deux manières bien distinctes de raconter des histoires et faire exister des personnages. Au théâtre, tout est à vue, le matériau qu’on travaille est la présence réelle des comédiens dans le même espace que les spectateurs. En fiction sonore, au contraire, tout est bâti sur le fait que ceux qui parlent et ceux qui écoutent sont séparés, et on passe notre temps à construire des images mentales en collaboration avec ces gens qui ne sont pas là. Parfois à l’aide d’ambiances, DÉPLOYER L’IMAGINAIRE de musique et de bruitages, mais souvent à partir de quelques mots seulement. On cite souvent une phrase d’Orson Welles disant que la radio est supérieure au cinéma parce que l’écran est plus grand ; en fait, ce qui est plus grand, ce n’est pas l’écran mais le hors-champ, c’est à dire la part du travail d’imagination qui incombe à l’auditeur. En cela, la fiction sonore est plus proche du roman que du cinéma ou du théâtre.

Quel est votre rapport aux sons, aux voix, aux échos, aux silences ?

Vous les avez classés dans l’ordre inverse de ma préférence.

Restons un peu sur ces rapports aux mots… Diriez-vous que l’art est vital ou viral ?

En tout cas on ne devrait lui demander d’être ni l’un ni l’autre. Si l’art est capable de nous offrir quelque chose qui soit comme un rêve qu’on n’oublie pas au réveil, c’est déjà pas mal.

Phonurgia Nova et le Dinard Podcast Festival ont à cœur d’encourager la jeune génération. Quel conseil principal donnez-vous aux stagiaires que vous accueillez ?

Ne pas se laisser définir par leur formation, leur travail ou leurs expériences passées, afin de ne pas s’enfermer dans ce qu’ils croient être ou savoir faire. Ce qui est bien dans ces métiers c’est notamment qu’on passe son temps à tout réapprendre et réinventer en fonction des nécessités des histoires qu’on veut raconter. Ça demande de conserver de la souplesse, de la disponibilité d’esprit, et peut-être de se méfier de notions comme le savoir-faire ou le talent qui ne s’appliquent pas uniformément à tous les domaines.

Auriez-vous une recommandation d’écoute à partager?
Le dernier podcast que j’ai aimé c’était Le Terril jeune, un documentaire de Jeanne Robet sur le lotissement où elle a passé une partie de son enfance. Ça met en œuvre un des super-pouvoirs de la radio qui est de creuser des raccourcis dans l’espace-temps.

Quelle est votre actualité sonore en cet été 2021? J’écris et je prépare les deux prochaines saisons de La Préhistoire du Futur pour France Culture, qu’on va tourner à la rentrée.

Propos recueillis par Hélène Courtel le 4 août 202. Portrait à retrouver ICI.


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