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Portrait du jour : Alexandre Héraud


Lundi 9 Août 2021


Le DINARD PODCAST FESTIVAL nous dévoile le portrait d’un invité ou un participant, acteur.ice du podcast créatif. Aujourd’hui : Alexandre Héraud.




ECRAN SONORE, UN FORMAT SUR-MESURE

© Phonurgia Nova dans le cadre du 1er Dinard Podcast Festival, juillet 2021
© Phonurgia Nova dans le cadre du 1er Dinard Podcast Festival, juillet 2021
L’éclosion des radios libres fut simultanée à l’adolescence d’Alexandre Héraud. L’aventure radio commença pour lui à Orléans FM puis Radio Aligre où il tenait une émission consacrée au jazz chaque semaine. Il fut sur les ondes du service public durant plus de vingt-cinq années (RFI, France CULTURE de 1993 à 2012 puis France INTER durant quatre ans). En 2019, il fonde et dirige Écran Sonore – studio indépendant de création de podcasts – après avoir créé «EN ROUES LIBRES» en 2018, premier podcast des festivals. Le 31 juillet à 16h, nous lui donnerons carte blanche au conservatoire Ravel pour nous parler de l’économie et du fonctionnement d’un studio de podcast indépendant.

Quelle est votre actualité en cet été 2021 ?

Je déteste l’actualité ! (sourire, silence). Tout en sachant pertinemment que rien n’est jamais acquis, nous tentons sans cesse de prolonger les partenariats scellés avec des structures culturelles qui nous ont fait confiance comme Le Lavoir Numérique à Gentilly, le réseau Diagonal à Marseille ou la Fondation la Poste. Nous sommes heureux d’avoir su convaincre une entreprise comme Kobo (Rakuten), qui est partenaire de la FNAC, d’être présente sur leur plateforme culturelle digitale (la claque.com) en se lançant dans la production de podcasts originaux. Cela permet d’affirmer leur rôle de libraire. Nous affinons actuellement notre offre de podcasts à destination des musées et des institutions culturelles avec l’arrivée dans l’équipe de Jérémie Thomas de Sens de la Visite et d’Adelaïde Stefan du podcast « Enchère on Air », ex- Gazette Drouot. Nous sommes très fiers aussi d’accompagner le CMN (Centre des Monuments Nationaux) avec une collection que notre collaboratrice, Léa Minod, a baptisé « les Monuments sur le divan ».

Depuis la création d’Écran Sonore en 2019, quelle évolution constatez-vous?

La rentrée va être agitée pour l’équipe car si tout le monde veut et peut se rêver podcasteur, nous affirmons de notre côté que les entreprises et l’institution culturelle doivent créer leur propre podcast le plus professionnellement possible. S’imaginer « média » et savoir se raconter ne s’invente pas... Et le studio a été créé pour cela! Tous les acteurs de la culture les institutions culturelles, les musées, les maisons d’éditions, les festivals doivent réussir leur transition numérique en s’emparant désormais obligatoirement de l’audio digital (ce n’était pas aussi évident avant la ECRAN SONORE, UN FORMAT SUR-MESURE crise sanitaire de la covid19). C’est donc l’âge d’or du storytelling pour les « marques », mais cela ne peut se faire qu’avec doigté. Le studio , qui regroupe désormais une douzaine de talents de 21 à 67 ans, représentant tous les métiers de la radio, peut enfin proposer à l’équipe du travail au gré des commandes. La concurrence est forte mais nous avons le bon ADN pour relever tous les défis, même en face de studios fonctionnant comme des régies publicitaires.

Le ministère de la culture a manifesté son soutien et donc son intérêt aux industries culturelles du podcast, que faut-il attendre en ce domaine?

Le meilleur ! On a tous en tête le modèle belge… Il faut se réjouir de voir pour la première fois dans l’Histoire le Ministère de la culture prendre en compte la création sonore (et donc l’audio de création) dans son (futur ?) cahier des charges. Croisons les doigts.

Je parle du podcast mais… comment avez-vous tendance à nommer votre travail?

On fait du podcast comme à la radio mais, à dire vrai, on ne théorise pas trop. Ce que l’on sait c’est que l’histoire du podcast ne s’écrit pas sur une page blanche, cela pourrait être d’ailleurs l’un des leitmotivs et des raisons d’être de ce premier Dinard Podcast Festival ! Toutes les formes ont déjà été inventées et il nous semble qu’il est plus utile et simple de faire du neuf avec du vieux. Or beaucoup font le contraire ! Une chronique de l’historien de la radio Fanch Langouët et de David Christoffel a fait du bruit au dernier festival Longueur d’Ondes – une fois encore en Bretagne. Elle clamait : « on nous prend pour des Z’audios » ! On n’a pas oublié, ici à Dinard, l’esprit des corsaires et on se battra pour maintenir une haute idée des métiers de la radio, que le podcast peut permettre de faire évoluer ou de réinventer, pas uniquement sous l’hôtel de la rentabilité et de la logique marketing. C’est notre vœu.

Phonurgia Nova et le Dinard Podcast Festival ont à cœur d’encourager la jeune génération. Que diriez-vous aux jeunes artistes, en cette année 2021 ?

Une toute jeune génération, qui n’a pas grandi à l’écoute attentive des ondes hertziennes – que cela soit celles du service public ou des radios périphériques – bouillonne d’envies sonores, désire l’expérimentation. Ça bouscule. Mais dieu que c’est enthousiasmant ! C’est peut-être la révolutSon ! L’enfant des radios libres que je suis y est sensible

Auriez-vous une recommandation d’écoute à partager? Pourquoi ce choix?

Je vous propose d’écouter le travail d’Octave Broutard, « Fragments d’un homme de pierre », « Ouessant ». Cela concerne le suicide d’un tailleur de pierre. Je n’en dis pas plus… C’est extrêmement bien construit. Octave est un très jeune documentariste obstiné et habité, collaborant à Écran Sonore, qui a pris le temps de capter l’insondable, le secret, le poids de la solitude, et de transformer le vent en héros. Ce n’est pas tout. J’ai aussi envie d’évoquer la collection d’Ecran Sonore La Couleur des Mots qui propose des portraits d’écrivains contemporains porteurs d’une double culture et qui s’expriment en langue française. Ce n’est pas seulement parce que nous sommes juste en face de Saint- Malo et des ses étonnants voyageurs, que j’y pense… Enfin, je conseille la série « Looking for Kermit » d’Anne Lamotte, podcast natif de France Culture. Il s’agit d’une enquête envoûtante sur les traces du peintre Kermit Oliver. C’est un travail exceptionnel que le reporter a réalisé à ses frais. Les plateformes de podcast l’ont rejeté, et après moult péripéties Radio France en a reconnu la qualité. Tout cela ne permet pas d’augurer le meilleur quant à l’avenir du documentaire de création et sa viabilité financière hors Radio France. C’est notamment pour cette raison qu’Écran Sonore lance cet été une bourse qui porte le nom d’un de ses fondateurs, Bertrand Rosenthal (ancien grand reporter et chef de bureau à l’AFP) afin de soutenir un projet documentaire sonore d’envergure. Plus d’informations au sujet d’Écran Sonore ecransonore.com Propos recueillis le 31 juillet 2021 par Hélène Courtel

Propos recueillis le 3 août 2021 par Hélène Courtel

Portrait à retrouver ICI


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